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C’est le message clair et fort du ministre nigérien de la Santé Publique et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), au moment où ils se préparent à lancer une campagne nationale de promotion de l’allaitement maternel exclusif pour les enfants de 0 à 6 mois.

Cette campagne qui durera 3 ans s’articulera autour de la diffusion de spots de sensibilisation, de documentaires, d’interviews et de débats à la radio et à la télévision, ainsi que des pièces théâtrales et des chansons spécialement écrites pour promouvoir l’allaitement maternel exclusif. Le lancement de cette campagne coïncide également avec la célébration de la semaine mondiale de l’allaitement maternel du 1er au 7 août.

« Il a été scientifiquement prouvé que l’allaitement maternel exclusif peut réduire la moralité infantile de 13% au minimum », affirme le Dr. Guido Cornale, le Représentant de l’UNICEF au Niger. « Mais pour que cela se réalise, il est important d’accélérer l’adoption de stratégies et normes nationales concernant l’alimentation des jeunes enfants, y compris celle de la loi sur la commercialisation et le marketing des substituts au lait maternel ». Au Niger, l’immense majorité des enfants est nourrie au sein (98%) mais à peine une femme sur dix pratique l’allaitement maternel exclusif.

Le ministère de la Santé Publique et l’UNICEF œuvrent ensemble pour promouvoir l’allaitement maternel exclusif, pour que les enfants bénéficient de meilleures chances de survie.

Le colostrum est le tout premier lait secrété par une femme aussitôt après avoir donné naissance à son enfant. Il contient une grande quantité d’anticorps, qui aident le bébé à combattre les maladies. En milieu rural, cependant, les femmes les plus âgées conseillaient aux mères de ne pas donner ce lait au bébé, qui est considéré comme mauvais pour la santé. Mais « l’initiation de l’allaitement durant la première heure peut réduire la mortalité néonatale d’environ 20% » souligne Antony Lake, directeur exécutif de UNICEF. « Pour que l’allaitement maternel soit un succès », estime Guido Cornale, « les mères ont besoin d’un soutien fort de leur entourage, en particulier du mari, des grand-mères, des belles-mères, de leur communauté, du personnel de santé et des médias ».

Les mères qui ont compris les avantages de l’allaitement maternel et qui le pratiquent ont vu la santé de leurs enfants s’améliorer considérablement.

Par exemple, affirme Ramatou Oudou, 38 ans, « l’allaitement maternel exclusif est bon pour mon enfant Hamadan. Il se porte bien et a rarement la diarrhée, contrairement à ses autres frères et sœurs ». Ramatou a 4 autres enfants qu’elle n’a jamais allaités exclusivement au sein. « Avant, je donnais des décoctions d’herbes et du lait en poudre à mes bébés. Ensuite dès leur 4e mois, je leur donnais de la bouillie et du jus de fruits, parce que je pensais que le lait maternel n’était pas suffisamment riche comme nourriture ».

Au Niger la plupart des personnes vivent loin des centres de santé auxquels elles ont un accès restreint. Les volontaires communautaires ont un rôle clef. Elles vont de foyer en foyer pour conseiller les familles, comme Barira. Ainsi Barira montre comment, en ajoutant à la farine de mil un peu de tourteau d’arachide, de sucre, d’huile et des légumes on peut compléter la nourriture des bébés après six mois tout en continuant l’allaitement maternel. Quand on lui demande ce qui est le plus difficile dans son travail, Barira répond sans hésitations : « C’est de convaincre les mères que non seulement leur enfant de moins de six mois n’a pas besoin d’eau ou d’autre boisson pour vivre, mais qu’en plus donner autre chose peut être dangereux. Il fait très chaud ici, et tout le monde pense que les bébés doivent boire de l’eau. »

Le ministère nigérien de la Santé Publique et l’UNICEF envisagent de porter le message de l’allaitement maternel exclusif non seulement aux mères, mais aux pères également en vue de les impliquer davantage dans les choix liés à la santé de leurs enfants, et de prévenir les dangers de la malnutrition.

Le taux de malnutrition aiguë au Niger atteint 16,7% chez les enfants de moins de 5 ans, ce qui est au dessus du seuil d’urgence de 15% défini par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En plus, la malnutrition sévère aiguë, qui augmente considérablement la mortalité infantile, est passé d’une moyenne de 2,1% à 3,2% en 2010 au Niger. Cela veut dire que plus de 300.000 enfants de moins de 5 ans risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère, et parmi eux, deux sur dix pourraient souffrir de complications médicales.

A propos de l’UNICEF

L'UNICEF est présent dans plus de 150 pays et territoires en voie de développement pour aider les enfants à survivre et à s'épanouir, de leur plus jeune âge jusqu'à la fin de l'adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l'UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l'accès à de l'eau potable et à des moyens d'assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l'exploitation et le SIDA. L'UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d'entreprises, de fondations et de gouvernements.

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