Ethiopia
Domaine: Protection
| Capitale | : | Addis-Abeba |
| PIB per capita | : | 1.900 USD |
| Femmes excisées entre 15 et 19 ans | : | 62% |
Suite à votre soutien généreux de notre projet en Ethiopie, qui prévoit à la fois des activités de prévention de l’excision féminine et l’implémentation de traitements médicaux pour toutes les filles et femmes ayant déjà été excisées, nous sommes fiers de vous présenter l’histoire d’Asiya, qui vous donne un témoignage des progrès réalisés, améliorant la qualité de vie de milliers de femmes.

« Je m’appelle Asiya, j’ai 18 ans et je viens tout récemment de me marier à Burhan. Selon la tradition de mon village, j’avais été excisée quand j’étais petite.
Lors de notre nuit de noces, j’avais très peur, comme ma demoiselle d’honneur m’avait raconté que cela allait faire très mal. Or, mon mari était très bienveillant et déterminé de m’aider. Il se renseignait autour et entendait que l’hôpital de notre district avait créé un nouveau service gynécologique en mai 2016, qui n’est non seulement équipé pour traiter des urgences obstétricales et gynécologiques, mais qui peut même réaliser des reconstructions à des femmes excisées.
Arrivés à l’hôpital, mon mari et moi avons fait connaissance du Dr. Abreha. Après avoir diagnostiqué ma condition, le docteur a constaté que j’avais subi la forme la plus sévère de l’excision féminine, où non seulement le clitoris, mais aussi les petites et les grandes lèvres avaient été entièrement enlevés.
Les deux côtés de ma vulve étaient cousus et ne m’ont laissé qu’une minuscule ouverture pour le passage de l’urine et des écoulements menstruels. Ceci expliquait non seulement les douleurs que je souffrirais lors de mon premier rapport sexuel, mais aussi mes troubles liées à un flux ralenti du sang menstruel.
Après nous avoir expliqué la procédure, j’ai été « ouvert » par une intervention chirurgicale. La prise en charge compatissante et le suivi consciencieux du Dr. Abreha m’ont beaucoup aidé, et après plusieurs examens de suivi, j’ai été considérée comme guérie. Depuis, je n’éprouve plus de douleurs et je me suis donné pour mission de sensibiliser toute ma communauté à l’abolition de cette pratique cruelle.
Asiya, 18 ans
Mettons fin à l’excision des filles en Ethiopie
L’excision féminine est une tradition extrêmement cruelle et dangereuse pour la vie et la santé d’une fille et cause des souffrances physiques et psychiques très douloureuses et dans la majorité des cas irréversibles.
Les conséquences sont terribles : Souvent, sans anesthésie et dans des conditions peu hygiéniques, l’excision entraîne des infections qui peuvent causer des affectations chroniques ou même la mort.
Même si les filles survivent à cette tradition cruelle, elles sont marquées à vie.
La situation actuelle: Un collectif de tradition très encré règle le quotidien
Considéré comme un des berceaux de l’humanité, l’Ethiopie est riche en vieilles coutumes et traditions, très répandues parmi les différents groupes ethniques, religieux et sociaux. Profondément enracinées dans un collectif de croyances, de valeurs et de comportements sociaux et culturels, ces traditions – peu importe si elles sont bénéfiques ou malsaines – règlent le quotidien et la cohabitation de chacun dans la communauté.
Dans ce collectif, l’excision féminine est aussi considérée comme une étape nécessaire pour que les filles puissent faire un « bon » mariage – souvent essentiel pour leur acceptation sociale et leur protection économique. Si les familles ne répondent pas à cette attente, leur fille risquera d’être exclue de la société. Dans cette optique, l’excision est perçue comme le meilleur choix pour lui assurer un bon futur.
Cette pratique nocive expose une fille à de graves préjudices pour la santé, en la privant de ses droits à un développement en toute santé mentale et physique.
L’éducation – La clé pour l’indépendance
Une éducation permet aux filles de gérer leurs vies elles-mêmes en toute indépendance, ce qui n’a son seulement un impact positif sur leur santé, mais leur permet également de jouer un rôle actif dans le processus décisionnel en matière sociale, économique et politique lorsqu’ils passent à l’adolescence et à l’âge adulte.
La mutilation génitale féminine : De quoi s’agit-il?
La mutilation génitale féminine désigne l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes. La pratique du type le plus extrême de l’excision féminine – l’infibulation pharaonique – consiste en l’ablation totale du clitoris et des petites lèvres, ainsi que de la surface interne des grandes lèvres, la vulve étant alors cousue pour ne laisser qu’une étroite ouverture vaginale.
L’aide à partir du Luxembourg
En Ethiopie, la mutilation génitale féminine est toujours très répandue, avec 62% des femmes entre 15 et 19 ans qui sont excisées.
L’hôpital d’Ayssaita, où Asiya a été traitée, desservit plus de 90.000 habitants des communautés pastorales. Grâce au soutien du public luxembourgeois, la clinique a pu embaucher un gynécologue et former cinq agents de santé sur les troubles liés à l’excision féminine.
Avec cette nouvelle unité gynécologique, spécialisée en la reconstruction des organes génitaux, l’hôpital, équipé de 10 lits, peut déjà améliorer chaque mois la qualité de vie de 200 femmes excisées.







