UNICEF Luxembourg publie la première étude sur les mutilations génitales féminines au Luxembourg
Luxembourg, 21 avril 2026 – UNICEF Luxembourg publie aujourd’hui une étude inédite estimant, pour la première fois, le nombre de filles et de femmes concernées ou à risque de mutilations génitales féminines (MGF) dans le contexte national. Cette analyse met en lumière une réalité encore largement invisible et appelle à renforcer les efforts de prévention, de détection et de prise en charge.
Une réalité présente au Luxembourg
Selon les estimations, environ 3 300 filles et femmes résidant au Luxembourg ont subi des MGF ou risquent d’en subir. Parmi elles, 2 200 auraient probablement déjà subi ces pratiques, tandis que près de 1 100 filles âgées de 0 à 19 ans seraient à risque.
« Cette étude permet de rendre visible une réalité encore trop souvent ignorée. Derrière ces chiffres, il y a des parcours de vie, des risques réels, et la nécessité d’agir de manière coordonnée », déclare Paul Heber, Chief Communication, UNICEF Luxembourg.
Une approche méthodologique adaptée au contexte luxembourgeois
Réalisée en collaboration avec GrewIA, l’étude repose sur une méthodologie combinant :
- des données du registre de population luxembourgeois
- des données internationales de prévalence issues notamment de l’UNICEF et de l’OMS
Cette approche permet d’obtenir des estimations statistiques robustes, tout en reconnaissant les limites inhérentes à ce type d’analyse.
« Il ne s’agit pas de recenser des situations individuelles, mais de disposer d’ordres de grandeur fiables permettant d’orienter les politiques publiques, de mieux cibler la prévention et de renforcer la protection des filles concernées », souligne Dr Ivan Nourdin, Cofondateur de GrewIA.
« Au-delà des estimations, l’étude apporte également un éclairage précieux sur les dynamiques démographiques, territoriales et surtout elle formule des recommandations concrètes pour mieux prévenir, mieux détecter et mieux accompagner », ajoute Alexandra Gardeur, Chargée de plaidoyer, UNICEF Luxembourg.
Un enjeu de droits humains et de santé publique
Les mutilations génitales féminines constituent une violation grave des droits de l’enfant et des droits des femmes. Elles ont des conséquences physiques, psychologiques et sociales durables.
Malgré un cadre légal clair au Luxembourg, ces situations restent largement sous-détectées, notamment en raison d’un manque de sensibilisation et de formation des professionnel·le·s.
Des recommandations concrètes pour agir
L’étude formule 20 recommandations à destination des autorités et des acteurs de terrain, couvrant notamment :
- la prévention et la sensibilisation
- la prise en charge et l’accompagnement
- les politiques d’asile et de migration
- le cadre pénal
- la collecte de données et la recherche
- le soutien aux programmes internationaux
Parmi les priorités identifiées figure le renforcement des actions communautaires, en impliquant davantage les personnes issues des communautés concernées.
« Pour être efficaces, les actions de prévention doivent être adaptées, inclusives et construites avec les communautés concernées. Le travail de sensibilisation par les pairs est essentiel pour créer un changement durable », explique Pascale Zaourou, Coordinatrice, GAMS Luxembourg.
Un enjeu global, des responsabilités partagées
À l’échelle mondiale, plus de 230 millions de filles et de femmes ont subi des MGF, et environ 4 millions de filles sont à risque chaque année. Dans ce contexte, les réductions des financements internationaux dédiés à l’aide au développement risquent de fragiliser davantage les efforts de prévention et de prise en charge.
Un outil pour mieux comprendre et mieux agir
Au-delà des chiffres, cette étude constitue un outil essentiel pour :
- mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre au Luxembourg
- renforcer les politiques publiques
- améliorer la coordination entre les acteurs
- protéger plus efficacement les filles concernées
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Soutiens financiers
Cette étude a pu être réalisée grâce au soutien financier de Œuvre Nationale de Secours Grande Duchesse Charlotte et de Foyer. GAMS Luxembourg bénéficie pour sa part du soutien financier de Fondation Losch.
À propos de l’étude
L’étude a été menée par UNICEF Luxembourg avec le soutien technique de GrewIA. Ce travail a bénéficié du soutien d’intervenants nationaux et belges.
Notes aux rédactions
Les estimations présentées reposent sur une approche statistique et ne constituent pas des données cliniques individuelles. Les mutilations génitales féminines sont interdites par la législation luxembourgeoise.
Contact
Paul Heber
Chief Communication UNICEF Luxembourg
M 691198105
E pheber@unicef.lu